Moulin-à-Vent
AOP · Beaujolais · France
100 %
Rouge
Cépages rouges
- Gamay
L'appellation en bref
- Situation
- Nord du Beaujolais, à 15 km au sud-ouest de Mâcon, sur les pentes de la montagne de Rémont et les terrasses qui descendent vers la Saône. Deux communes : Romanèche-Thorins (Saône-et-Loire) et Chénas (Rhône).
- Reconnaissance
- Jugement du tribunal de Mâcon du 17 avril 1924 (appellation « Thorins ou Moulin-à-Vent ») ; AOC par décret du 11 septembre 1936 ; AOP 2009 ; cahier des charges modifié en 2021 et 2024.
- Superficie
- ≈ 616 ha revendiqués (Douanes, 2024) ; 596 ha récoltés en 2025 (ODG). Recul : 650 ha en 2010 (INAO), 636 ha en 2019. 71 lieux-dits.
Sols et climat
Socle de granite rose. Environ 80 % des sols sont des arènes granitiques sableuses et friables, appelées localement « grès » ou « gore ». Le granite est recoupé de filons de manganèse et les sols sont imprégnés d'oxydes de fer et de manganèse ; le plus important gisement français de manganèse a été découvert vers 1750 à Romanèche-Thorins. Au sud et à l'est, sur les pentes douces, sols de colluvions sablo-limoneux avec cailloutis et graviers (« piémonts »). Inter Beaujolais compte 53 % de granites et 37 % de piémonts, plus quelques calcaires, marnes et grès.
Océanique dégradé, à influences continentales et méridionales, ≈ 11 °C de moyenne annuelle. Les monts du Beaujolais abritent des vents d'ouest ; la vallée de la Saône apporte lumière et chaleur estivale. Vignes de 190 à 420 m, exposées est et sud-est.
Histoire
- Le moulin à vent qui donne son nom au cru date du XVe-XVIe siècle (1550 selon le cahier des charges) ; il est classé monument historique depuis le 29 août 1930.
- 1722 : Romanèche est l'une des quatre localités du Mâconnais qui expédient le plus de pièces de vin vers Paris ; en 1816, Jullien classe les vins de Moulin-à-Vent en « première classe ».
- XIXe siècle : classement des terroirs par Antoine Budker (1869 selon l'ODG, 1874 selon World of Fine Wine) ; en 1872, Romanèche devient Romanèche-Thorins.
- 17 avril 1924 : le tribunal de Mâcon délimite les vins « Thorins ou Moulin-à-Vent », premier cru délimité du Beaujolais. Cave coopérative installée en 1934 au château des Michauds (Chénas) ; AOC le 11 septembre 1936, le nom « Thorins » est abandonné.
- Centenaire en 2024 : dossier de premiers crus portant sur 14 lieux-dits déposé à l'INAO le 17 avril 2024, retravaillé en mai-juin 2025, dépôt officiel attendu à l'automne 2026.
Ce qui le distingue
Le cru réputé le plus apte à la garde du Beaujolais ; beaucoup de domaines élèvent une partie de leurs vins en fût et vinifient en égrappé ou en semi-carbonique longue. Vinification la plus courante : macération semi-carbonique, raisins vendangés à la main et encuvés en grappes entières, une partie fermente d'abord en fond de cuve et sature la cuve en gaz carbonique ; puis pressurage et fin de fermentation classique. Le nom d'un lieu-dit cadastré peut figurer sur l'étiquette. Projet de premiers crus (14 lieux-dits, un peu moins de 30 % de la surface) : 50 hl/ha au lieu de 56, vignes à partir de la 5e feuille, désherbage chimique interdit, mise en marché au 1er décembre au lieu du 1er février.
Service du vin
- Température :
- 15-17 °C (Inter Beaujolais).
- Carafage :
- Carafage d'une heure pour un vin jeune élevé en fût ou issu d'un lieu-dit ; simple ouverture à l'avance pour une cuvée classique ; décanter avec précaution un vin de plus de 10 ans.
- Verres :
- Verre à pinot noir (type Bourgogne) à large paraison pour les lieux-dits et les vins de garde ; verre à vin rouge standard pour une cuvée jeune.
À table avec Moulin-à-Vent
- Coq au vin
- Côte de bœuf charolaise grillée
- Civet de chevreuil ou de lièvre (vin de 8 à 10 ans)
- Pigeon rôti, jus au vin
- Comté de 18 mois
Viandes rouges grillées ou en sauce, volailles fermières, gibier pour les vins âgés, fromages à pâte pressée cuite. Les notes d'épices, de truffe et de venaison des vins évolués appellent des plats mijotés.
Repères et domaines
Production : ≈ 3,2 millions de bouteilles en 2024 (23 991 hl, Douanes ; 23 034 hl selon l'ODG) ; ≈ 2,1 millions en 2025 (15 691 hl, ODG). Moyenne 2019-2024 : ≈ 26 000 hl, soit ≈ 3,5 millions de bouteilles. ≈ 250 vignerons (ODG, 2023), dont environ 200 vendent au négoce plutôt que de mettre en bouteille (World of Fine Wine, 2024). La cave du Château de Chénas vinifie ≈ 20 % des volumes (cahier des charges).
Millésimes : 2011 : millésime mûr et riche, bon potentiel de garde. 2012 : récolte historiquement faible (gel, grêle, pluies tardives ; 20-25 hl/ha en moyenne), vins légers. 2013 : année tardive, pourriture et maturités parfois incomplètes, vins légers à boire tôt. 2014 : été frais sauvé par un beau septembre, bonne qualité et bons volumes. 2015 : canicule, vins solaires et concentrés, l'un des grands millésimes récents. 2016 : printemps froid et pluvieux, arrière-saison splendide, vins fins et équilibrés. 2017 : grêle du 10 juillet, 50 à 80 % de la récolte détruite autour du moulin ; volumes très faibles. 2018 : été très sec, vendanges fin août, vins mûrs et frais. 2019 : gel d'avril et grêle d'août, rendements réduits, vins fins à bonne acidité. 2020 : printemps pluvieux puis été sec, millésime généreux en qualité et en quantité. 2021 : gel de printemps (environ un tiers de récolte perdu sur le vignoble), été humide, vins légers et frais. 2022 : sécheresse extrême, rendements limités, vins riches ; le nord du Beaujolais, moins arrosé, a donné des vins de garde à structure ferme (Jasper Morris). 2023 : grosse sortie de raisins, maturité acquise par la chaleur de fin août, vins juteux et accessibles ; grêles localisées surtout au sud des crus du nord (Morgon, Fleurie, Chiroubles). 2024 : pluie, mildiou et grêle, rendements très bas, vins légers et délicats à boire jeunes (Inter Beaujolais). 2025 : vendanges très précoces (rouges dès le 25 août), chaleur, pluies de juin, grêle sur environ 5 000 ha du Beaujolais ; récolte des crus la plus basse depuis 10 ans (29,2 hl/ha), vins concentrés à tanins fermes. À retenir : 2015 et 2022 pour la garde ; 2020 pour l'équilibre qualité-volume. 2024 et 2025 : récoltes de Moulin-à-Vent les plus faibles de la période (≈ 23 000 hl puis 15 691 hl).
Prix caviste : Cuvées classiques : ≈ 13-20 € chez un caviste ; lieux-dits et cuvées élevées en fût : ≈ 20-35 € ; haut de gamme (Château du Moulin-à-Vent, Château des Jacques Clos de Rochegrès) : ≈ 30-50 €. Prix moyen de vente au détail relevé par l'ODG : 9,14 € (2025). Relevés indicatifs 2025-2026.
Producteurs cités dans la fiche
- Château du Moulin-à-Vent (Romanèche-Thorins) — famille Parinet depuis 2009, ≈ 30 ha autour du hameau des Thorins, vins de lieux-dits
- Château des Jacques (Romanèche-Thorins) — Maison Louis Jadot depuis 1996, ≈ 27 ha en Moulin-à-Vent, Clos de Rochegrès
- Domaine Labruyère (Romanèche-Thorins) — cité parmi les références par Jasper Morris (Inside Burgundy, 2024)
Sources : INAO (cahier des charges, version PNO 2022), beaujolais.com (Inter Beaujolais), moulin-a-vent.fr (ODG), Le Patriote Beaujolais / mesinfos.fr (AG du 9 avril 2026, récolte 2025), Vitisphere (dossier premiers crus), World of Fine Wine (oct. 2024), Inside Burgundy (Jasper Morris), Wikipédia (données Douanes 2019-2024, moulin), base Mérimée PA00113397, geo.api.gouv.fr. Chiffres à réactualiser périodiquement.
Un menu complet avec ce vin
- Menu Moulin-à-Vent Rouge — Tablier de sapeur et sauce gribiche, Épaule de cochon de lait confite, pommes de terre boulangère, Tomme de vache des monts du Beaujolais affinée, Brioche de Saint-Genix aux pralines et crème légère
Quel plat servir avec un Moulin-à-Vent ?
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